Il y a trois choses principales à retenir et que vous pouvez faire pour prévenir la transmission du VIH:

  • Connaissez les modes de transmission du virus et les techniques de prévention
  • Adoptez des pratiques sécuritaires
  • Faites-vous tester

Comment le VIH se transmet-il?

On trouve le VIH dans quatre fluides corporels : le sang, le sperme/le liquide pré-éjaculatoire, les sécrétions vaginales, et le lait maternel. On peut contracter le VIH lorsqu’un de ces fluides passe la barrière de la peau ou des muqueuses d’une personne saine. Cela peut se produire dans les cas suivants :

  • Une relation sexuelle (anale, vaginale, ou orale) sans condom
  • Le partage d’un jouet sexuel pénétrant
  • Le partage d’aiguilles ou de seringues (dispositifs d’injection de drogues ou d’hormones, tatouage)
  • La grossesse, l’accouchement ou l’allaitement

Que se passe-t-il lorsque l’on vient de se faire infecter au VIH?

Lorsqu’une personne vient d’être exposée au VIH, le corps ne montre généralement aucun symptôme. Après deux à six semaines, des symptômes ressemblant à ceux de la grippe peuvent apparaitre, mais ils disparaitront après une à trois semaines. Au cours de cette phase, le virus se multiplie très rapidement et augmente en grand nombre. C’est durant cette phase que la personne nouvellement contaminée est la plus contagieuse, mais elle ne le sait même pas !

La recherche porte d’ailleurs à croire que près de la moitié des nouvelles infections chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, se produisent lorsque la personne séropositive en est au stade précoce de l’infection. C’est pourquoi il est important de se faire dépister régulièrement, en particulier si vous avez effectué des pratiques sexuelles à risque.

Ressources à consulter

"De l'exposition à l'infection : la biologie de la transmission du VIH"

Suivez le parcours du virus, depuis l’exposition jusqu’à l’infection d’une nouvelle personne. Apprenez-en plus sur les facteurs qui favorisent ou réduisent les risques d’infection. Et souvenez-vous : réduire les risque d’exposition au virus (connaitre son statut sérologique et utiliser un condom) est le meilleur moyen de prévention.

À lire sur http://www.catie.ca/fr/pdm/automne-2011/lexposition-linfection-biologie-transmission-vih

"Les infections transmissibles sexuellement : quel rôle jouent-elles dans la transmission du VIH?"

Les infections transmissibles sexuellement (ITS) augmentent non seulement les risques d’une personne séronégative (qui n’a pas le VIH) d’être infectée, mais augmentent également les risques d’une personne séropositive de transmettre le virus du VIH.

À lire sur http://www.catie.ca/fr/pdm/printemps-2012/les-infections-transmissibles-sexuellement-quel-role-jouent-elles-transmission-vi

"Guide L’essentiel du VIH/sida", par le portail VIH/sida du Québec

Ce guide PDF à télécharger est édité par le portail VIH/sida du Québec. Il présente les bases à savoir sur tous les sujets liés au VIH/sida.

À télécharger depuis http://pvsq.org/wp-content/uploads/SIDA-101-final-2-Internet.pdf

"L’essentiel du VIH et du sida", par CATIE

Une introduction à la transmission, au dépistage et au traitement du VIH.

À lire sur http://www.catie.ca/fr/essentiel/vih-et-sida

Quelles sont les pratiques à risque associées à la transmission du VIH?

  • Pénétration (anale ou vaginale) sans condom (même si l’homme pénétrant se retire avant éjaculation).
  • Partage d’un accessoire sexuel sans condom.
  • Partage de seringues ou de dispositif servant à l’injection de drogues ou stéroïdes.
  • Relations sexuelles orales sans condom.
    Attention : le risque augmente en cas de lésion dans la bouche ou la gorge, ou en cas de présence d’IST comme la chlamydiose, la gonorrhée, l’herpès, le VPH ou la syphilis. Il est également recommandé d’éviter de se brosser les dents au moins une heure avant et après une relation orale.
  • Pénétration avec les doigts ou le poing, avec utilisation d’un gant de latex.
  • Le baiser profond.
    Attention : le risque augmente lorsqu’il y a échange sanguin (à cause d’une coupe, d’une lésion ou d’un ulcère buccal).
  • La réutilisation ou le partage d’aiguilles pour le tatouage, le perçage, l’électrolyse ou l’acupuncture.
    Attention : le risque est plus élevé pour d’autres infections transmises par le sang comme l’hépatite B ou C.
  • Massage et caresses.
  • Embrasser (sans échange de sang).
  • Masturbation, sans échange de fluides corporels.
  • Se frotter l’un contre l’autre.
  • Usage de jouets sexuels, sans les partager.
  • Relations sexuelles orales avec condom ou protection en latex.
  • Contact corporel sur une peau saine.

Par ailleurs, on ne peut non plus être infecté au VIH dans les situations suivantes :

  • Serrer la main de quelqu’un.
  • Discuter avec quelqu’un.
  • Tousser ou éternuer.
  • Être exposé à des sécrétions nasales, des crachats, des larmes, de l’urine ou des vomissures, à moins qu’ils ne contiennent du sang.
  • Nager dans une piscine ou partager un sauna.
  • S’assoir sur un siège de toilette.
  • Partager un repas ou des ustensiles de cuisine.
  • Se faire piquer par un insecte.
  • Se faire mordre par un animal.

La consommation d’alcool ou de drogues (incluant les drogues qui se mangent, s’inhalent, ou se fument) peut altérer fortement la capacité à choisir des pratiques sexuelles sécuritaires. Si vous consommez des drogues, prenez toujours vos précautions en amont pour favoriser les comportements sexuels sécuritaires.

Ressources à consulter

"VIH et SIDA"

Fiche d’information sur le VIH/sida édité par le gouvernement du Canada.

À lire sur http://canadiensensante.gc.ca/diseases-conditions-maladies-affections/disease-maladie/hiv-aids-vih-sida/index-fra.php

"Santé sexuelle et relations sexuelles plus sécuritaires"

De nombreux articles sur comment réduire la transmission du VIH, de l’hépatite C et d’autres infections transmissibles sexuellement (ITS).

À lire sur http://www.catie.ca/fr/prevention/sante-sexuelle

"Utilisation de drogues et d’alcool et réduction des méfaits"

De nombreux articles sur comment réduire les risques de transmission du VIH et de l’hépatite C chez les utilisateurs de drogues et d’alcool.

À lire sur http://www.catie.ca/fr/prevention/utilisation-drogues

Quelles sont les techniques de prévention?

La meilleure manière de réduire les risques de transmission du VIH d’une personne à une autre est de suivre les recommandations suivantes.

Le condom

Le condom est une barrière physique contre l’infection au VIH et les infections transmissibles sexuellement (ITS). Il empêche ainsi la bouche, le vagin, le pénis, ou le rectum d’être exposés aux liquides corporels susceptibles de contenir le VIH ou une ITS, ou à une peau infectée par une ITS.

Attention : Il est important d’utiliser le condom correctement pour qu’il soit efficace. Utilisez toujours du lubrifiant à base d’eau avec des condoms en latex.

Ressource :
« Le condom pour la prévention du VIH et des ITS », publié par CATIE.

La prophylaxie pré-exposition (PPrE ou PrEP en anglais)

La PPrE est l’usage de médicaments anti-VIH par des personnes séronégatives afin de prévenir l’infection au VIH. Les médicaments empêchent le virus de se dupliquer dans le corps après une exposition et diminueront ainsi les risques d’infection. La PPrE est dite « pré-exposition » car c’est une technique de prévention, à utiliser avant une exposition potentielle.

Attention : La PPrE n’est pas efficace à 100%, elle ne dispense pas de l’utilisation du condom et ne protège pas d’autres infections transmissibles sexuellement. La régularité de la prise du médicament est primordiale pour son efficacité. La PPrE n’est pas encore approuvée au Canada mais peut dans certains cas être délivré par votre médecin.

Ressources :
« La prophylaxie pré-exposition (PrEP) », publié par CATIE
« Dossier prévention : La Prep ou prophylaxie pré-exposition », publié par vih.org

Se faire dépister régulièrement

Les techniques de dépistage ont beaucoup progressé et permettent de déceler les anticorps du VIH (la réaction de votre corps à une exposition au virus) environ trois semaines après une exposition potentielle (au lieu des trois mois précédemment recommandés). Durant les premiers mois suivant une infection, le virus se multiplie rapidement, facilitant ainsi la contagion. De nombreux cas de séropositivité sont apparus après une relation sexuelle avec une personne nouvellement infectée (qui probablement ne le savait pas elle-même). Connaitre son statut sérologique, c’est donc réduire les risques de passer le virus à un autre. Par ailleurs, connaitre son statut très tôt permet de commencer un traitement plus tôt, et d’en améliorer les effets.

Attention : Il est important de tester également la présence d’autres infections transmissibles sexuellement (ITS). En effet, celles-ci peuvent augmenter les risques de transmission du VIH.

La prophylaxie post-exposition (PPE ou PEP en anglais)

La PPE est un ensemble de médicaments anti-VIH qu’une personne séronégative peut prendre en vue de réduire les risques d’infection au VIH après une exposition potentielle. Si vous pensez avoir été exposé au VIH, consultez votre médecin immédiatement. Le traitement doit commencer dans les 72 heures après l’exposition et dure quatre semaines.

Attention : Il ne s’agit pas d’une « pilule du lendemain », la PPE est réservée aux situations d’urgence, elle ne doit pas remplacer le port du condom, elle n’offre aucune garantie pour prévenir l’infection, elle provoque des effets secondaires importants et elle n’offre aucune protection contre les autres infections sexuellement transmissibles.

Ressource :
« La prophylaxie post-exposition (PPE) », publié par CATIE

La réduction de la charge virale

La « charge virale », c’est le « montant de VIH » présent dans les fluides corporels d’une personne séropositive. Le traitement, quand il est correctement suivi, devrait faire baisser la charge virale jusqu’à un niveau « indétectable » par les systèmes de test actuels. Cela ne veut pas dire que le virus n’est plus présent dans le corps mais qu’il n’est pas visible. Sans pour autant éliminer complètement les risques de transmission, une charge virale indétectable les réduit considérablement.

Attention : La charge virale peut varier entre le sang et les autres fluides corporels, il est possible qu’elle soit plus élevée dans le liquide séminal par exemple. Par ailleurs, le niveau de santé général peut également affecter le niveau de la charge virale.

Ressource :
« Le VIH : la charge virale, le traitement et la transmission sexuelle », publié par CATIE

Discuter avec son partenaire

La prévention est une responsabilité partagée entre partenaires. Créez des opportunités de dialogue avec votre partenaire sur votre statut sérologique. Par exemple, vous pouvez dire que vous êtes séronégatif mais ouvert aux relations avec une personne séropositive, ou que vous êtes séropositif avec une charge virale indétectable. Dans tous les cas, discuter avec son partenaire, c’est lutter contre la stigmatisation et surtout négocier des pratiques sexuelles sécuritaires.

Attention : Si vous êtes séropositif, dans certaines conditions vous avez l’obligation de dévoiler votre statut avant d’avoir un rapport sexuel.

Les méthodes suivantes ne constituent PAS une méthode de prévention contre la transmission du VIH :

  • Se retirer avant éjaculation
  • Utiliser un spermicide
  • Prendre la pilule contraceptive
  • Effectuer un lavement anal ou vaginal

 

Ressource : « Technologies de prévention », publié par CATIE

Comment savoir si j’ai le VIH?

La seule façon de savoir si l’on est porteur du VIH, c’est de se faire dépister.

Il est particulièrement important de vous faire dépister si vous faites partie d’une population plus exposée aux risques. En raison de facteurs biologiques et de facteurs sociaux, le VIH frappe plus durement certaines populations.

Le risque d’infection au VIH est plus élevé que les autres canadiens dans les groupes suivants :

  • Les autochtones : risque 4 fois plus élevé
  • Les canadiens nés dans des pays où le VIH est endémique : risque 9 fois plus élevé
  • Les personnes qui s’injectent des drogues : risque 46 fois plus élevé
  • Les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes : risque 71 fois plus élevé

Source : « Où le VIH frappe-t-il le plus durement? », affiche infographique publiée par CATIE.

 

Les nouvelles infections au VIH au Canada en 2011:

54% des nouveaux cas d’infection au VIH sont attribués aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes

33% des nouveaux cas d’infection au VIH sont attribués à des relations hétérosexuelles

23% des nouveaux cas d’infection au VIH sont attribués aux femmes

11% des nouveaux cas d’infection au VIH sont attribués à l’utilisation de drogues injectables

Source : “L’épidémiologie du VIH au Canada”, publié par CATIE

La protection, c’est l’affaire de tous

La prévention, c’est se protéger soi et protéger les êtres aimés. Voici ce que vous pouvez faire pour réduire les risques de transmission du VIH :

  • Utilisez un nouveau condom à chaque pénétration ou fellation, ainsi que sur vos jouets sexuels.
  • Utilisez une digue dentaire si vous pratiquez le sexe oral (cunnilingus, annulingus).
  • Choisissez des activités sexuelles à bas risque.
  • Réduisez le nombre de partenaires sexuels.
  • Considérez un traitement pré- ou post- exposition au virus.
  • Si vous êtes séropositif, suivez votre traitement comme indiqué, afin de faire baisser la charge virale.
  • Si vous injectez des drogues, utilisez une aiguille neuve à chaque nouvelle injection.
  • Si vous êtes enceinte, discutez avec votre médecin des options de prévention de la transmission à l’enfant.
  • Faites-vous dépister régulièrement et traitez d’éventuelles infections transmissibles sexuellement.